Data: 2026-10-27
Temps de lecture: 4 minutes

Itzulpena: Eus bertsioa

Gau beltza approche !

L’automne est enfin arrivé, accompagné de cette pluie qui nous a tant manqué. Octobre est là, l’été s’éloigne et nous commençons à tourner nos regards vers l’hiver. Et voilà que Gau Beltza approche !

Gau Beltza serait-elle l’Halloween basque ?

Ah oui, « c’est l’Halloween basque » ! Pourtant, Halloween est une fête venue des États-Unis, devenue un phénomène de mode et un événement commercial. Mais alors, qu’est-ce que Gau Beltza, au juste ? Pourquoi la célébrons-nous ? Et surtout, depuis quand ?

Gau Beltza, la nuit des âmes, la nuit des chats, Halloween, Samain… Cette fête automnale bien connue porte de nombreux noms.

Essayons de remettre tout cela dans son contexte…

Les anthropologues avancent que cette fête automnale était déjà célébrée il y a 3 000 ans. L’automne était alors considéré comme une étape de transition vers l’hiver. Les récoltes touchaient à leur fin et les maisons se remplissaient de bonnes provisions pour affronter le froid de l’hiver.

Dans le même temps, les feuilles des arbres commençaient à tomber, les jours raccourcissaient et le froid s’installait. L’obscurité prenait peu à peu le dessus sur la lumière du jour.

Selon les croyances de l’époque, à la fin du mois d’octobre et au début du mois de novembre, une porte s’ouvrait entre le monde des vivants et celui des morts, permettant aux âmes des défunts de revenir sur terre.

 

Nos ancêtres croyaient qu’à l’automne, la terre mourait ou s’endormait.

Prenons un instant pour remonter le temps. À cette époque, lorsque le soleil se couchait, l’obscurité envahissait peu à peu les alentours. Il n’y avait ni éclairage comme aujourd’hui, ni interrupteur pour illuminer la nuit : le feu était l’un des principaux moyens de trouver un peu de lumière dans l’obscurité.
Avec l’arrivée de l’automne, les nuits s’allongeaient et l’obscurité devenait encore plus présente.

Les rituels nés de l’obscurité

Dans cette atmosphère sombre, les plus jeunes s’amusaient à effrayer les gens à l’aide de bougies et d’autres sources de lumière. Les jeunes allaient de maison en maison, déguisés et munis de petites bougies, racontant des blagues et chantant. Avant l’arrivée de l’hiver et des longues nuits, cette période était l’une des dernières occasions de se retrouver et de partager des moments ensemble.

Mais pourquoi se déguisait-on ? Selon les croyances anciennes, les déguisements permettaient de ne pas être reconnus par les âmes des défunts et, surtout, de se protéger de leurs esprits afin qu’ils nous laissent en paix.

Au-delà de ces rituels, on raconte qu’à l’occasion de Gau Beltza, on se souvenait des défunts et on leur rendait hommage. Parfois, des repas étaient même partagés dans les cimetières, comme pour symboliquement prendre place à table avec les proches passés dans l’au-delà.

La renaissance de Gau Beltza

Croyances d’hier et d’aujourd’hui, ces dernières années, nous assistons à un véritable renouveau de Gau Beltza dans tout le Pays Basque. Portée par le mouvement Taupa, cette célébration s’est répandue dans de nombreuses communes du Pays Basque sud, où l’on fête l’arrivée de Gau Beltza en allant chercher des bonbons, en brûlant symboliquement ses peurs et en se déguisant.

Et au Pays Basque nord, qu’en est-il ?

Ici aussi, nous avons commencé à célébrer cette fête, comme au sud. À Itsasu, Bayonne, Bassussarry, Urrugne, Hendaye ou encore Ascain, le 31 octobre, les habitantes et habitants se retrouvent autour de différentes activités : collecte de bonbons, danses, contes, ateliers de préparation de soupe ou, comme à Bayonne, rituels pour endormir l’ours.

Chaque village organise la fête à sa manière. Ces rendez-vous sont autant d’occasions de favoriser les échanges entre générations et de mieux se connaître.

Au-delà de cette ambiance chaleureuse et conviviale, ces rendez-vous sont le plus souvent organisés en euskara. Ils permettent ainsi aux enfants de profiter d’activités et de loisirs en euskara. Différents ateliers sont proposés, notamment des ateliers de cuisine ou autour des allumettes.

Les membres des associations ont également imaginé de nouveaux rituels pour ancrer et faire grandir cette initiative. Peu à peu, ces pratiques deviennent des coutumes et, qui sait, deviendront peut-être un jour des traditions.

De grands feux sont allumés pour chasser les peurs, de nouveaux contes sont créés pour raconter l’histoire et l’identité des villages, et de nouveaux personnages apparaissent pour représenter leur communauté.

En faisant revivre et en renouvelant cette ancienne célébration, nous reconstruisons notre tradition et, avec elle, nous contribuons à bâtir un Pays Basque vivant, où l’euskara a toute sa place.
Alors, que cela soit vrai ou non, que tout entre dans la citrouille… et que nous en ressortions toutes et tous sur la place du village, en vivant et en parlant en euskara !
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L’euskara, élément constitutif du Pays Basque. Une langue millénaire, unique, moderne, vivante et d’avenir.

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